Artpiste

« Dans ce nouveau spectacle, 2 itinéraires opposés d’artistes, qui dès l’enfance font le choix de leurs disciplines artistiques et d’en faire leur métier. Cette oeuvre prendra la forme d’un conte. »

Création 2015 @ Théâtre d’Arles

Présentation

J’ai rencontré Sophie Béguier lors de la création d’un cabaret dans le sud de la France au début des années 2000. Sophie faisait connaissance avec le milieu du cirque. Elle était enceinte de 7 mois et portait pour les représentations une robe noire en lycra qui moulait son ventre rond. Elle m’accompagnait à la harpe dans un chant lyrique de Fauré, « Dans un sommeil », que je chantais en me contorsionnant. Ensuite, nous avons travaillé pour la compagnie « Les Colporteurs ». Habitant toutes ces années en Ardèche, nous nous sommes fréquentées régulièrement. C’est aussi par l’entremise de cette compagnie en 2006 que Thomas Bodinier créera avec Sophie une série de pièces courtes qu’ils présenteront dans le cadre du Cabaret Champêtre de Bourg Saint-Andéol. Une rencontre qui la marquera et dont elle me fera part dans la recherche d’un partenaire circassien pour ce projet. Une histoire de fils; rouge, conducteur et d’équilibre… L’équivalence de tension entre le fil de fer et les cordes de la harpe, leurs résonances et vibrations font lien. La capacité physique et la corpulence de Thomas permettent le transport et des portés de harpe improbables. La maîtrise de l’aïkido de Sophie, son sens de l’équilibre et du contrôle de soi donne corps à des explorations physiques d’une étrange singularité dans l’évocation de son parcours. Repasser par des états de corps qui la délivre de son passé de conditionnée, à la technique irréprochable, par la bienveillance de Thomas, érudit dans l’art de l’improvisation.

Lors d’une visite chez elle, Sophie me fait écouter une cassette audio qu’elle avait conservée d’un cours de harpe lorsqu’elle avait 14 ans. Cette écoute m’a interpellée sur le thème de l’apprentissage et la transmission, du rapport de l’enseignant à l’élève. A l’audition de la cassette, j’assiste à une comédie de fou. Tous ces moments où le professeur insiste, l’insulte, l’humilie avec force voix et lui fait répéter avec insistance le même passage, qu’elle lui joue ensuite elle-même pour lui montrer. Je n’entends pas de différence dans l’interprétation…

Pendant 10 ans, elle a tenu, jusqu’au dégoût d’elle-même. Elle a pratiqué la harpe comme un sacerdoce avec toute sa ferveur. Tous les jours de la semaine, elle étudiait la harpe et écoutait la cassette de la lecon précédente.

Sa rencontre avec André Cognard, grand maître d’aïkido, a été déterminante, et la pratique des arts martiaux, (jusqu’au niveau ceinture noire 3ème dan), l’a aidée à sortir de son état de soumission à ce professeur tyrannique.

La harpe, l’objet, sa sonorité m’évoquent le paradis perdu, l’enfance, le sacré, l’innocence. Je veux mettre en lumière la trajectoire de 2 artistes dans l’accomplissement de leur art.

Angela Laurier, metteur en scène

Crédits

Angela Laurier : textes, interprétation, chorégraphie, mise
en scène
Manuel Pasdelou : Vidéo, musique, interprète
Julien Lefeuvre : régie générale, musique, interprète
Xavier Besson : musique, interprète
Bertrand Duchemin: musique, interprète
Marion Piry : Régie plateau
Thomas Roquier : scénographie, création et régie lumière
Emmanuel Laffeach : régie son
Richard Croisé : collaboration lumière
Tifenn Morvan : costumes
Gilles Defacques, oeil oblique, Le Prato, Lille

Coproductions et accueil en résidence :

Ainsi Fa La Mi, Toulouse

Théâtre d’Arles, scène conventionnée pour les nouvelles écritures

La Verrerie d’Alès, Pôle National des Arts du Cirque Languedoc-Roussillon

Les Scènes du Jura

Espace Athic, Obernai

La Brèche, Pôle National des Arts du Cirque de Basse-Normandie

Les Subsistances, Lyon

Théâtre municipal de Saint-Lô

Le Préau, CDR Vire.

Région Basse-Normandie

Département de la Manche

DRAC Basse-Normandie

DGCA

ODIA

Lieux et dates

Ce spectacle n’est actuellement plus en tournée.